Avouer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, avoer. Emprunté du latin advocare, « convoquer », puis « avoir recours à quelqu'un comme défenseur », d'où « approuver » et « reconnaître comme seigneur ».
1. . Reconnaître pour son suzerain, pour son maître, ou, réciproquement, pour son vassal, pour son serviteur. Il l'avouait pour son seigneur. Par anal. Reconnaître pour sien. Avouer un parent pauvre (vieilli). J'avoue pour maître ce philosophe. Avouer un enfant, l' pour fils, le reconnaître. Litt. Avouer un écrit, un ouvrage, reconnaître qu'on en est l'auteur. Spécialt. Avouer un subordonné, le couvrir de son autorité, approuver ce qu'il a jugé à propos de faire d'après l'autorisation qu'on lui en a donnée. Par méton. J'avoue toutes les mesures prises par mon service. Par ext. Reconnaître comme légitime. Le monde ne saurait de telles actions.
2. Se reconnaître l'auteur d'une action fautive. Avouer franchement son erreur. J'avoue m'être trompé. Il a avoué ingénument son larcin. Il a tout avoué. Il avoue avoir commis ce crime, qu'il a commis ce crime. Il s'avoue coupable de ce crime. Absolt. L'accusé a fini par . Prov. Péché avoué est à demi pardonné.
3. Reconnaître pour vrai ; admettre. Je vous avoue que je n'y connais rien. Je vous avoue que je ne sais rien de ce qui s'est passé. J'étais, je l'avoue, un peu confus. Avouez-le, vous avez été bien surpris. C'est un pauvre homme, il faut l'avouer. Il faut que cet homme est bien étourdi. Pron. S' vaincu. S' plus faible qu'un autre. Spécialt. Révéler un sentiment secret. Peu de temps après, il lui avouait son amour. Pron. Ils se sont avoué leur amour.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Confesser et reconnaître qu'une chose est ou n'est pas, en demeurer d'accord. "Avouer le fait, le crime. Avouer ingénument, franchement. Il a tout avoué. Avouez-moi la vérité. Je vous avoue mon faible, mon ignorance. Il avoua l'avoir fait. Il avoua qu'il l'avait fait. Je vous avoue que je n'y connais rien. Je vous avoue que je ne sais rien de ce qui s'est passé. J'étais, je l'avoue, un peu confus. Avouez-le, vous avez été bien surpris. C'est un pauvre homme, il faut l'avouer. Il faut que cet homme est bien étourdi. S' vaincu. S' plus faible qu'un autre. S' coupable."
Prov., "Péché avoué est à moitié pardonné."
"Avouer un écrit, un ouvrage," S'en reconnaître l'auteur. "Avouer un enfant," S'en reconnaître le père. "Avouer pour fils, pour soeur, etc.," Reconnaître pour fils, pour soeur, etc.
Il signifie aussi Approuver, ratifier. "J'avoue tout ce qui s'est fait. Ce sont des principes que la morale peut ."
"Avouer une personne," Approuver ce qu'elle a jugé à propos de faire d'après l'autorisation qu'on lui en a donnée. "Je l'avouerai de tout ce qu'il fera, en tout ce qu'il fera."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Dans le langage de la féodalité, faire voeu à un supérieur, le reconnaître pour seigneur ou protecteur.

 2   Par extension, et dans le langage actuel, une personne, approuver ce qu'elle a fait en notre nom.
P. L. COUR.: « Parle, écris, je t'avouerai de tout, pourvu que tu m'aides à sortir de cette botte [l'Italie] »
RAC.: « Je t'avouerai de tout »
CORN.: « Et sans doute son coeur vous en a bien »
BOILEAU: « Alors, sans consulter si Phébus l'en avoue »
MALH.: « Quels doctes vers me feront Digne de te louer ? »
MALH.: « Et si ta faveur tutélaire Fait signe de les [les Muses], Jamais ne partit de leur veilles Rien qui se compare.... »
    Approuver, ratifier, en parlant des choses. Des moyens que l'honneur avoue.
CORN.: « Les dieux n'avoueront point un combat plein de crimes »
RÉGNIER: « Me voyant froidement ses oeuvres , Il les serre »

 3   Reconnaître qu'une chose est ou n'est pas. Avouer sa faute. Il avoua ses méfaits. Vous ez que votre conduite a été blâmable.
BOSSUET: « Ceux qui sont instruits des affaires étant obligés d' que le roi n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacriléges.... »
RAC.: « J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses »

 4   Reconnaître comme sien. Avouer un enfant. Il n'ose un parent pauvre. Il n'avoua jamais ce pamphlet.
BOSSUET: « Une lettre que l'on m'a assuré que vous aviez avouée »
CORN.: « Mon père ne peut plus l' pour sa fille »
RAC.: « Rome ne voudra point l' pour Romaine »
    Avouer une dette, la reconnaître.
    Fig.
MOL.: « Ma foi, madame, avouons la dette [ne dissimulons pas], vous voudriez qu'il fût à vous »

 5   S'avouer, v. réfl. S' de quelqu'un, le prendre à garant. Il s'est avoué d'un banquier de cette ville.
    Se reconnaître. S' coupable. S' vaincu.

 6   S'avouer, être confessé, en parlant d'une chose. Cela ne s'avoue pas.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Berte, XXXII: Ha ! sire Diex, fait ele, mon cuer à vous [j'] avo
     ib.: Com celle qui du tout à vous servir m'avo
     la Rose, 7078: Car nus ne puet Dieu trop loer, Ne trop por seignor avoer, Trop criendre, ne trop obeir
BEAUMANOIR: « Et doit mander que cil qui en est porsivis en avoue tel garant quiconque »
    XVIème siècle
RAB.: « Je advoue Dieu, sil ne la faisoyt bon veoir »
MARG.: « En bonne foi, dit Emarsintte, j'avoue cette dame du tour qu'elle a fait »
MONT.: « Entre tous les philosophes qui ont advoué des dieux »
MONT.: « Lachès se radvisant advoue cet usage aux Scythes [reconnaît qu'ils ont cet usage] »
MONT.: « La vertu n'advoue rien que ce qui se faict par elle et pour elle »
MONT.: « Ils souffroient tout, avant que d'advouer estre vaincus »
MONT.: « C'estoit heresie d'advouer des antipodes »
LANOUE: « Il faut que vous avouez que la possession de ces seuls biens est suffisante pour vous faire benir le donateur »
LOYSEL: « Le vassal est tenu [reconnaître] ou des son seigneur, sinon qu'il y eust contention de tenure entre deux seigneurs »
AMYOT: « Non seulement il sauva Phoebidas, ains feit que la ville de Sparte prit sur elle et advoua la forfaitture qu'il avoit commise »
AMYOT: « Leotychides sçut si bien faire que Agis, en presence des tesmoings, declara qu'il l'advouoit pour son filz »
AMYOT: « Ceste proposition ayant esté leue publiquement, le peuple l'advoua et authorisa de merveilleuse affection »
D'AUB.: « .... Qui, auparavant sa mort, endura des gehennes inventées pour lui faire advouer le purgatoire »

ÉTYMOLOGIE
    À et vouer ; provenç. avoar.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Confesser et reconnaître qu'une chose est ou n'est pas, en demeurer d'accord. "Avouer le fait, le crime. Avouer ingénument, franchement. Il a tout avoué. Avouez-moi la vérité. Avouez le vrai. Je vous avoue mon faible, mon ignorance. Il avoua l'avoir fait. Il avoua qu'il l'avait fait. Je vous avoue que je n'y connais rien. Je vous avoue que je ne sais rien de ce qui s'est passé. J'étais, je l'avoue, un peu confus. Avouez-le, vous avez été bien surpris. C'est un pauvre homme, il faut l'avouer. Il faut que cet homme est bien étourdi." On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. "S' vaincu. S' plus faible qu'un autre. S' coupable."
Prov. et fig., "Avouer la dette," Reconnaître qu'on a tort.
"Avouer un écrit, un ouvrage," S'en reconnaître l'auteur. "Avouer un enfant," S'en reconnaître le père. "Avouer pour fils, pour soeur, etc.," Reconnaître pour fils, pour soeur, etc.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Approuver ratifier. "J'avoue tout ce qui s'est fait. Ce sont des principes que la morale peut ."
"Avouer une personne," Approuver ce qu'elle a jugé à propos de faire d'après l'autorisation qu'on lui en a donnée. "Je l'avouerai de tout ce qu'il fera, en tout ce qu'il fera."
"S' de quelqu'un," Se renommer ou se réclamer de quelqu'un. Cette phrase est maintenant peu usitée.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Gonfesser et reconnoître qu'une chose est, en demeurer d'accord. "Avouer le fait, le crime. Avouer ingénument, franchement. Il a tout avoué. Avouez-moi la vérité. Avouez le vrai. Je vous avoue mon foible, mon ignorance. Je vous avoue que je n'y connois rien. Il faut que cet homme est bien étourdi".
On dit proverbialement et figurément, "Avouer la dette," pour dire, Reconnoître qu'on a tort; "Avouer un écrit, un ouvrage," pour dire, S'en reconnoître l'auteur; et, "Avouer un enfant," pour dire, S'en reconnoître le père.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Avouer, signifie aussi, Autoriser une chose. "J'avoue tout ce qui s'est fait".
On dit aussi, "Avouer un homme," pour dire, Déclarer qu'on l'approuve en tout ce qu'il a fait, ou qu'il fera; et cela se dit d'Un homme à qui on a donné charge de faire ce qu'il fait. "Je l'avouerai de tout ce qu'il fera, en tout ce qu'il fera".
Lorsqu'"Avouer" s'emploie avec le pronom personnel, comme "S' de quelqu'un," il signifie, Se renommer, s'autoriser de quelqu'un. "Il s'est avoué de vous".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Confesser & reconnaître qu'une chose est, en demeurer d'accord. "Avouer le fait, le crime. Avouer ingénument, franchement. Il a tout avoué. Avouez-moi la vérité. Avouez le vrai. Je vous avoue mon foible, mon ignorance. Je vous avoue que je n'y connois rien. Il faut que cet homme est bien étourdi."
On dit proverbialement & figurément, "Avouer la dette," pour dire, Reconnoître qu'on a tort. "Avouer un ouvrage d'esprit," pour dire, S'en reconnoître l'auteur. Et, "Avouer un enfant," pour dire, S'en reconnoître le père.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Signifie aussi, Autoriser une chose. "J'avoue tout ce qui s'est fait."
On dit aussi, "Avouer un homme," pour dire, Déclarer qu'on l'approuve en tout ce qu'il a fait, ou qu'il fera: Et cela se dit d'Un homme à qui on a donné charge de faire ce qu'il fait. "Je l'avouerai de tout ce qu'il fera."
Lorsqu'Avouer s'emploie avec le pronom personnel, comme "S' de quelqu'un," il signifie, Se renommer, s'autoriser de quelqu'un. "Il s'est avoué de vous."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["A-vou-é", 2e brève, mais devant l'"e" muet elle est longue, j'"avoûe".] Au futur et au conditionel, j'"avouerai", j'"avouerois", il n'est que de trois syllabes. ["Avouré", "avourès", l'"e" est entièrement muet.] On pourroit même se dispenser de l'écrire.
   Hé bien! je l'"avouerai", que ma juste colère
   Aime la guerre autant que la paix vous est chère.
       "Racine".
  AVOUER, 1°. Confesser et reconnoître qu'une chôse est: en demeurer d'acord. Il se dit, ou avec le seul régime direct: 'Il "a avoué sa" faute; il "a tout avoué"; ou avec le datif pour 2d régime: "avouez-moi la" vérité; je "vous avoûe mon" ignorance.
- Pour les verbes, il régit, ou l'infinitif sans prép. Il "avoûe l'avoir" fait. (L'"Acad." ne met point d'exemple de ce régime.) Ou la conjonction "que" avec l'indicatif dans le sens afirmatif; ou le subjonctif, si le sens est négatif, ou exprime du doute: 'Il "avoûe qu'"il "l'a fait;" il "n' avoue pas qu'"il "l'ait dit:" je ne sais s'il "avouera" qu'il en "ait été" complice.
   M. "Moreau" le fait impersonel au mode passif: 'Dans un temps où "il étoit" encôre "avoué que" la Courone seule "donoit" un pouvoir absolu et universel.
   "Rem." On dit quelquefois, "je l'avoûe", comme en parenthèse; mais alors il ne régit point les verbes. * À~ l'aspect de cette tirade,  "je vous l'avoue", Monsieur, "que je reste" immobile d'étonnement. "Ann. Litt."
- Le "que" est de trop. Il falait,  "j'avoue que" je reste, etc., ou,  "je vous l'avoue", Monsieur,  "je reste", etc.
   On dit, dans le style familier, " la dette", reconaître qu'on a tort. '"Avouer un enfant", "un" ouvrage, s'en déclarer le pere, l'auteur.
   2°. "Avouer", aprouver, autoriser: j'"avoûe" d'avance "tout" ce que vous ferez en mon nom.
- Avec les persones pour régime, il régit "de": 'Je "vous ai de" tout ce que vous ferez.
   3°. "S'avouer", dans le premier sens, régit les adjectifs et les participes: 'Il "s'avoue coupablë:" je "m'avoûe vaincu".
- Un Auteur anonyme donne ce régime à l'"actif", contre l'usage. 'Ce bien "qu'il avoûe destiné" à de bonnes oeuvres. Il faut, "qu'"il "avoûe être destiné", etc.
- M. "Fallet" dit aussi, dans sa Tragédie de "Tibère:"
   Phorbice vous trompoit, et ce lâche en mourant
   Vient "d'avouer" enfin Serenus "innocent".
   Là, "être innocent", ne vaudrait rien: il faut dire, du moins en prôse, " que" Serenus "est innocent". La raison de la différence, est que le régime direct dans la premiere phrâse est le pronom "que", qui précède le verbe; "qu'"il "avoûe être", etc., et dans la 2de, "Serenus" qui suit. L'usage et l'oreille admettent l'un pour cette raison, et rejètent l'autre.
   S'AVOUER, dans le 2d sens, régit l'ablatif de la persone (la prép. "de"). 'Il "s'est avoué (renomé, autorisé) de" vous.
   "Rem." AVOUER, "aveu", comme "confesser", "confession", ne se disent que des chôses vraies. Ce serait mal parler, que de dire: 'Il "a avoué" des chôses fausses. "Réflex." Il faut dire alors: il "s' est accusé", il "s'est vanté de" chôses fausses, ou par désespoir, ou par une détestable vanité.




Emplacement dans le dictionnaire :

avoisiné
avoisiner
avorté
avortement
avorter
avorton
avouable
avoue
avoué

avoyer
avrelon
avril
avrillée
avuer
avulsion
avunculaire
axe
axer
axial
axillaire




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...les joues bien gonflées d'air... CHAPITRE XVI les papillons, ces pauvres papillons de plus en plus démodés de nos jours, ont joué un rôle de longue haleine dans ma vie d'enfant, je suis confus de l'avouer ; et, avec eux, les mouches, les scarabées, les demoiselles, toutes les bestioles des fleurs et de l'herbe. Bien que cela me fît de la peine de les tuer, j'en composais des collections, et on me...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...dans des gîtes de louage, ne peuvent évidemment rien comprendre à ces vagues sentiments-là. Mais, parmi ceux qui ont conservé leur foyer familial, il en est beaucoup, j'en suis sûr, qui, sans se l'avouer, sans s'en rendre compte, éprouvent à des degrés différents des impressions de ce genre : en imagination, ils étayent comme moi leur propre fragilité sur la durée relative d'un vieux mur de jardin...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...pourtant ; je ne l'aimais pas encore, oh ! Non ; rien qu'y penser faisait saigner mon coeur de petit être trop attaché au foyer, trop enlacé de mille liens très doux. Puis d'ailleurs, comment avouer à mes parents une telle idée, comment leur faire cette peine, et entrer ainsi en rébellion contre eux ! ... mais renoncer à cela, se confiner tout le temps dans un même lieu, passer sur la terre et...


Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...cantatrice, bienfaitrice, et nous reculons devant autrice, et nous allons chercher le même mot latin grossièrement anglicisé et orné, comme d'un anneau dans le nez, d'un grotesque th. autant avouer que nous ne savons plus nous servir de notre langue et qu'à force d'apprendre celles des autres peuples nous avons laissé la nôtre vieillir et se dessécher. Cet aveu ne nous coûte rien : nous avons...


Citation n°5 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...nous voulons à toute force proclamer qu'ils se trompent, que leur droite n'est pas la vraie droite, si nous ne voulons pas confesser qu'une pareille affirmation n'a aucun sens, du moins devrons-nous avouer que ces gens n'ont aucune espèce de moyen de s'apercevoir de leur erreur. 2. La géométrie qualitative : tout cela est relativement facile à comprendre et je l'ai déjà si souvent répété que je crois...


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